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Le shark finning

Le shark finning (non littĂ©ralement en français : pĂȘche aux ailerons) est une pratique consistant Ă  capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis Ă  les rejeter mutilĂ©s Ă  la mer.Les Ă©lĂ©ments anatomiques prĂ©levĂ©s servent Ă  la prĂ©paration d’une soupe traditionnelle chinoise. Les Chinois lui accorde de nombreuses vertus thĂ©rapeutiques, non dĂ©montrĂ©es scientifiquement, alors qu’elle est dangereuse pour la santĂ©. PratiquĂ©e aussi bien par des pĂȘcheurs des pays mal-dĂ©veloppĂ©s que des pays dĂ©veloppĂ©s, le finning n’est ni gĂ©rĂ©, ni surveillĂ© dans la plupart des pays.La majoritĂ© des ailerons est exportĂ©e vers le marchĂ© asiatique, oĂč ils sont vendus au dĂ©tail. Depuis les annĂ©es 1980, cette pĂȘche a considĂ©rablement augmentĂ©, du fait de la demande croissante d’ailerons, de l’amĂ©lioration des techniques de pĂȘche et de la mondialisation de l’Ă©conomie de marchĂ©.Certains chercheurs estiment que, de 1996 Ă  2000, 26 Ă  73 millions de requins ont Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s annuellement. La mĂ©diane annuelle pour cette pĂ©riode a Ă©tĂ© de 38 millions de requins, valeur presque quatre fois plus importante que les estimations de l’ONU, mais nettement infĂ©rieure Ă  celles de nombre des dĂ©fenseurs de l’environnement. C’est l’un des produits de la pĂȘche les plus chers au monde. Cette industrie pĂšse ainsi plusieurs centaines de millions de dollars dans la balance Ă©conomique et entretient des relations avec la corruption, le braconnage et le crime organisĂ©.

Les scientifiques, les Ă©cologistes et les dĂ©fenseurs des animaux condamnent fermement cette pĂȘche gaspilleuse, et la considĂšrent comme la principale cause du dĂ©clin mondial des requins. La mauvaise rĂ©putation de ces derniers et l’absence de donnĂ©es internationales fiables ralentit la prise de conscience de ce dĂ©clin et la protection des populations de requins, notamment dans les eaux internationales. Toutefois, certains États mettent fin Ă  cette pratique dans leurs zones de pĂȘche, et, mĂȘme, interdisent la pĂȘche au requin.

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L’expression « shark finning » provient de la langue anglaise : shark signifie « requin », et fin signifie « nageoire » ou « aileron ».

L’expression n’a pas d’Ă©quivalent littĂ©ral en français. Depuis le 13 mai 2012, LĂ©gifrance conseille d’employer les expressions Ă©quivalentes « pĂȘche aux ailerons » ou « amputation des ailerons de requin ». On peut aussi la traduire, d’une maniĂšre non littĂ©rale, par : « prĂ©lĂšvement des ailerons de requin » ou « dĂ©coupe des ailerons de requins ». Certaines associations et mĂ©dias français traduisent cette expression par le nĂ©ologisme peu rĂ©pandu « aileronage ».

En ExtrĂȘme-Orient, la soupe d’ailerons de requin est un plat de la mĂ©decine traditionnelle chinoise, associĂ© au danger et Ă  la jeunesse, prĂ©parĂ©e depuis l’Ă©poque de la dynastie Song (960-1280).

Elle Ă©tait rĂ©servĂ©e Ă  l’empereur et aux nobles en raison de son prix Ă©levĂ©, de son goĂ»t et de ses vertus thĂ©rapeutiques supposĂ©es.

Durant la dynastie Ming (1368–1644), les ailerons de requins sont devenus un Ă©lĂ©ment traditionnel des banquets officiels, tĂ©moignant du respect de l’hĂŽte envers ses invitĂ©s, mais c’est rĂ©ellement Ă  partir de la dynastie Qing (1644–1911) que la recette de la soupe aux ailerons de requins fut inventĂ©e.

À la fin du XVIIe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle, la soupe a commencĂ© Ă  se dĂ©mocratiser avec l’amĂ©lioration du niveau de vie. Les gouvernements communistes de l’aprĂšs-guerre ont tentĂ© de dĂ©courager la consommation de la soupe, considĂ©rĂ©e comme un produit trop luxueux.

Mais les changements politiques et Ă©conomiques de la fin du xxe siĂšcle ont fait exploser la demande, de mĂȘme que l’Ă©lĂ©vation du niveau de vie de la classe moyenne due au dĂ©veloppement de l’Ă©conomie de marchĂ©, provoquant ainsi la hausse des prix mondiaux.

Ce plat, trĂšs prisĂ© en gastronomie, est devenu un important marqueur social ; au mĂȘme titre que la voiture de luxe, il symbolise la richesse, la puissance, le prestige et l’honneur. Sa prĂ©sence en tant que symbole dans les menus de mariage, ou d’autres cĂ©lĂ©brations importantes, est une tradition dĂ©sormais fortement ancrĂ©e, et son absence y est particuliĂšrement mal vue.

La soupe est surtout consommĂ©e dans le Sud (province du Guangdong), dans les rĂ©gions cĂŽtiĂšres, ainsi qu’Ă  Hong Kong, Singapour et TaĂŻwan. Ainsi, la saison des mariages coutumiers et des autres fĂȘtes avec un pic pour le Nouvel An chinois, s’Ă©tendant d’octobre Ă  fĂ©vrier, enregistre la plus forte consommation de soupe.

Au contraire, les Chinois n’en consomment pas pendant les mois de juillet et d’aoĂ»t considĂ©rĂ©s comme peu propices.
De l’aileron de requin, il ne reste dans la soupe que les rayons cornĂ©s externes, les cĂ©ratotriches, formant de fines laniĂšres molles, jaunes et transparentes, semblables Ă  des nouilles. La consistance gluante si particuliĂšre de la soupe est due aux propriĂ©tĂ©s physico-chimiques des cĂ©ratotriches.

L’Ă©lastoĂŻdine, une sclĂ©roprotĂ©ine soufrĂ©e uniquement prĂ©sente dans les nageoires, confĂšre aux rayons une meilleure rĂ©sistance Ă  la cuisson.

L’aileron se consomme Ă©galement sous forme de rāmen, de boulettes ou de terrine, mais ces plats sont moins populaires que la soupe.

Les anciens ouvrages de la mĂ©decine traditionnelle chinoise accordent aux ailerons de requin de nombreuses vertus thĂ©rapeutiques : le rajeunissement, l’amĂ©lioration de l’appĂ©tit, de la mĂ©moire et du dĂ©sir sexuel, nourrissant pour le sang, bĂ©nĂ©fique pour l’Ă©nergie vitale, les poumons, les reins, les os et beaucoup d’autres parties du corps.

Pourtant, la valeur nutritionnelle et gustative de la soupe aux ailerons de requin est trÚs limitée, voire nulle. Ce sont surtout les épices et le bouillon de poule dans lequel baigne le cartilage qui lui donne un goût si apprécié.

Quant Ă  ces vertus supposĂ©es, elles n’ont jamais Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©es scientifiquement
. Les cĂ©ratotriches sont mĂȘme dangereuses pour la santĂ© Ă  forte dose, Ă  cause des polluants bioaccumulĂ©s dans l’organisme des requins.

Les ailerons Ă©taient Ă©galement supposĂ©s prĂ©venir et guĂ©rir certains types de cancers, grĂące Ă  la prĂ©sence d’une protĂ©ine bloquant l’angiogenĂšse, ce qu’une Ă©tude a clairement dĂ©menti en 2007 ; la protĂ©ine, AE-941, est dĂ©gradĂ©e avant de pouvoir avoir un quelconque effet sur les tumeurs.

EspÚces exploitées
Choix des EspĂšces:

Premier choix
Requin bleu
Requin océanique
Requin de sable
Grande raie-guitare
Requins-marteaux
Requin mako

DeuxiĂšme choix
Requin Ă  pointes noires
Grand requin blanc
Requin-citron
Carcharhinidés
Requin-marteau halicorne
Requin féroce
Requin-épée
Requin renard
Requin tigre
Requin-hĂą

TroisiĂšme choix
Requin pĂšlerin
Aiguillat commun
Requin-baleine

Tous les grands requins de plus de 1,5 m de longueur sont exploitĂ©s, qu’ils soient benthiques ou pĂ©lagiques, carnivores ou planctophages.

Il y a toutefois quelques exceptions comme le requin dormeur Ginglymostoma cirratum et les nageoires pectorales du requin-scie. Généralement, les ailerons les plus appréciés sont ceux du requin mako, du requin-marteau, du requin bleu, du requin sombre et du requin gris de récif.

Mais les préférences varient selon les pays et les personnes. Certaines espÚces sont davantage convoitées en raison du nombre de leurs filaments cartilagineux, de leur texture ou de leur apparence, mais aussi en raison de leur prix bas et de leur disponibilité. Ainsi, les ailerons de certaines espÚces, comme ceux du requin bleu, sont trÚs populaires.

Les Squaliformes, majoritairement de petite taille et vivant dans les eaux profondes sont relativement Ă©pargnĂ©s, en dehors de l’aiguillat commun et de l’aiguillat-coq. Lorsque l’occasion se prĂ©sente, les raies sont Ă©galement capturĂ©es, plus particuliĂšrement les poissons-scie et les poissons-guitare qui ont des allures de requin.

Principales pĂȘcheries

Les principales pĂȘcheries spĂ©cialisĂ©es dans le shark finning sont aussi bien prĂ©sentes dans les pays en dĂ©veloppement que dans les pays dĂ©veloppĂ©s.

Plus de 85 pays exportent des ailerons sĂ©chĂ©s, la plupart transitent par les États-Unis, pour ĂȘtre envoyĂ©s vers le marchĂ© chinois.

Les 20 premiers reprĂ©sentent 80 % des prises, parmi lesquels on compte les Émirats arabes unis, l’Espagne, l’IndonĂ©sie, l’Inde, TaĂŻwan.

Dans chaque cas, on constate une diminution spectaculaire des populations de requins. Les pĂȘcheries fournissent dans la plupart des pays des donnĂ©es parcellaires ou sous-estimĂ©es, notamment le Japon et TaĂŻwan qui n’enregistrent pas les espĂšces pĂȘchĂ©es.

Quant Ă  la Chine, elle ne publie ni le poids, ni l’espĂšce, ni la quantitĂ© pĂȘchĂ©e.

À Al Hudaydah, au YĂ©men, le plus grand port de pĂȘche de la mer Rouge est spĂ©cialisĂ© dans le commerce d’ailerons depuis une cinquantaine d’annĂ©es. Les Ăźles GalĂĄpagos, qui abritent de grandes populations de requins qui sont particuliĂšrement exploitĂ©es, notamment Ă  cause de la pĂȘche illĂ©gale.

Les populations de requins prĂ©sentes dans les eaux territoriales du Costa Rica sont victimes d’un braconnage intensif depuis les annĂ©es 1990.

Au Japon, 90 % des prises de requin se font au port de Kesennuma, surnommé la « capitale japonaise des ailerons de requins », avec plus de 14 000 tonnes en 2009 (pour 28 millions de dollars USD).

Mode opératoire:

Un commerce trĂšs lucratif, qui attire aussi bien les pĂȘcheries industrielles qu’artisanales. Ainsi les petites embarcations cĂŽtoient les grands navires de pĂȘche et effectuent une pĂȘche ciblĂ©e.
Le requin est le plus souvent pĂȘchĂ© aux lignes Ă  main, aux sennes tournantes, Ă  la ligne, aux filets maillants ou aux palangres.shark-finning2

Dans la forme la plus barbare de la pratique, le requin pĂȘchĂ© est hissĂ© sur le pont, les pĂȘcheurs tranchent Ă  l’aide d’un grand couteau la nageoire dorsale, les nageoires pectorales et le lobe infĂ©rieur de la nageoire caudale.

Le reste du corps ayant une moindre valeur commerciale, le requin souvent encore vivant est rejetĂ© Ă  la mer, amputĂ© de ses nageoires donc incapable de se mouvoir afin d’oxygĂ©ner ses branchies, et pĂ©rit d’une lente asphyxie. Cette pratique engendre un « gaspillage considĂ©rable » Ă©tant donnĂ© que seulement 7 % de la masse totale du requin est exploitĂ©e.

Conservation et transformation
Les ailerons se consomment aussi bien dans les restaurants qu’en boĂźte de conserve.

La prĂ©paration des ailerons de requin ne nĂ©cessite aucun traitement complexe, mais pour ne pas perdre de leur valeur, les ailerons doivent faire l’objet d’un prĂ©lĂšvement et d’un sĂ©chage de qualitĂ©.

Les amateurs de soupe d’ailerons de requins sont en effet extrĂȘmement soucieux de la qualitĂ©, sous peine de ne pas pouvoir bĂ©nĂ©ficier de ses vertus supposĂ©es . Certains pays, comme l’Australie, le Japon, l’Espagne, le Mexique et d’autres pays des AmĂ©riques, sont rĂ©putĂ©s pour leurs ailerons de qualitĂ©. Ils possĂšdent gĂ©nĂ©ralement des navires de pĂȘche suffisamment Ă©quipĂ©s pour garder les ailerons au frais, propres et non salĂ©s avant sĂ©chage.

Tandis que les pays bordant l’ocĂ©an Indien utilisent des mĂ©thodes traditionnelles et ne possĂšdent pas de chambre froide. Ils utilisent donc du sel pour conserver le produit avant le sĂ©chage, en consĂ©quence les ailerons affichent un taux d’humiditĂ© Ă©levĂ© affectant la qualitĂ© du produit.

MalgrĂ© cette pratique, les ailerons se vendent, empĂȘchant un vĂ©ritable changement. Toutefois, le Sri Lanka fait figure d’exception en alliant tradition et conservation.

Les pĂȘcheurs doivent minimiser la quantitĂ© de chair coupĂ©e avec l’aileron, car elle donne souvent une mauvaise odeur et altĂšre la couleur, diminuant ainsi la qualitĂ© du produit. La base Ă©paisse des grosses nageoires rend la coupe difficile, au risque d’altĂ©rer les rayons de l’aileron.

La « coupe en clair de lune » est plus fastidieuse, mais elle est plus apprĂ©ciĂ©e par les nĂ©gociants que la « coupe droite » et la « coupe irrĂ©guliĂšre » qui laisse trop de chair. Les ailerons sont ensuite bien nettoyĂ©s, ils subissent un brossage Ă  l’eau douce ou Ă  l’eau de mer pour les dĂ©barrasser de toutes impuretĂ©s.

Sur le bateau ou dĂšs le retour au port, les ailerons sont posĂ©s sur des claies, des nattes de bambou, des plateaux, des toits, suspendus Ă  une corde ou Ă  mĂȘme le sol pour les faire sĂ©cher au soleil pendant 7 Ă  14 jours selon l’Ă©paisseur. Parfois, on applique un peu de sel sur les nageoires, notamment sur les extrĂ©mitĂ©s coupĂ©es.

Ils sont rĂ©guliĂšrement tournĂ©s afin d’obtenir un sĂ©chage uniforme, tout en Ă©vitant que le soleil brĂ»le et brunisse le produit. Pour faciliter cette Ă©tape, un sĂ©choir mĂ©canique fixĂ© Ă  40-50 °C peut ĂȘtre utilisĂ©. Pendant la nuit, les ailerons sont rentrĂ©s Ă  l’intĂ©rieur pour les protĂ©ger des animaux et de la rosĂ©e. Un bon produit final a un taux d’humiditĂ© d’environ 10-15 %. Les ailerons sont ensuite placĂ©s dans des cartons, des caisses en bois ou des sacs de jute.

Ce dernier contenant est le plus rĂ©pandu puisqu’il permet au produit d’Ă©vacuer l’humiditĂ© rĂ©siduelle afin de ne pas dĂ©tĂ©riorer la qualitĂ© du produit. Les ailerons les plus prĂ©cieux sont emballĂ©s dans des sacs de 25 kg, tandis que les autres sont mis dans des sacs de 50 kg. Les ailerons seront exportĂ©s sous cette forme, ils seront traitĂ©s ultĂ©rieurement par les commerçants.

Les ailerons de requin sont transformĂ©s et commercialisĂ©s sous de nombreuses formes : ils peuvent ĂȘtre conservĂ©s « humides », c’est-Ă -dire frais, rĂ©frigĂ©rĂ©s et non transformĂ©s ou simplement congelĂ©s, conservĂ©s dans la saumure, laissĂ© crus et sĂ©chĂ©s, pour conserver les denticules et les plaquettes cartilagineuses qui confĂšrent une rugositĂ© au produit.

Plusieurs transformations peuvent ĂȘtre menĂ©es : la prĂ©paration en filet, qui consiste Ă  cuire les rayons des nageoires sĂ©chĂ©es, puis Ă  les sĂ©parer, les re-sĂ©cher et les emballer en vrac ; l’aileron directement prĂȘt Ă  ĂȘtre consommĂ© ou cuisinĂ© se dĂ©cline sous forme de boĂźte de conserve ou en sachets et en poudre de soupe instantanĂ©e ; la transformation semi-prĂ©parĂ©e est certainement la plus onĂ©reuse : la peau est enlevĂ©e, mais les fibres sont encore intactes garantissant une apparence propre ; les petites nageoires peuvent ĂȘtre prĂ©parĂ©es de cette maniĂšre en un seul morceau, mais les nageoires pectorales et dorsales doivent ĂȘtre scindĂ©es en deux.

Enfin, la transformation totale consiste Ă  sĂ©parer individuellement les cĂ©ratotriches de l’aileron. Ils sont ensuite emballĂ©s dans des boĂźtes en carton ou dans de la viscose.

Les ailerons sont généralement classés en fonction de leur taille, leur type, leur couleur, leur découpe et leur état.
La taille d’un aileron est mesurĂ©e soit du centre de la base Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la nageoire ou par la longueur de sa base. Ils sont ensuite classĂ©s comme extra-larges (40 cm et plus), grands (30 Ă  40 cm), moyens (20 Ă  30 cm), petits (10 Ă  20 cm) ou trĂšs petits (4 Ă  10 cm) (notamment les nageoires ventrales et anales).Shark_finning_diagram.svg

Les ailerons peuvent aussi ĂȘtre classĂ©s selon l’espĂšce Ă  laquelle ils appartiennent, mais il est gĂ©nĂ©ralement difficile de dĂ©terminer celle-ci pour un aileron sĂ©chĂ©, sauf pour les espĂšces possĂ©dant une coloration ou des denticules particuliers comme c’est le cas pour le requin tigre, le requin bleu, les centrines, le requin pĂšlerin ou le requin-baleine.

La plupart des nĂ©gociants sont capables d’identifier les ailerons en fonction de leur taille et de leur emplacement sur le corps, ils sont toutefois incapables de l’identifier seulement Ă  partir des cĂ©ratotriches, hormis celles de grande taille.

Les ailerons de requin sont parfois classés selon leur couleur, sombre ou pùle. Cette classification varie selon les commerçants et sert soit à différencier les espÚces vivant en eaux profondes et en eaux peu profondes, soit leur rendement et leur goût, ou bien le type de requins.

Cependant tous s’accordent Ă  dire que les ailerons clairs possĂšdent plus de cĂ©ratotriches et une meilleure saveur, augmentant leur valeur par rapport aux noirs.

Cette classification est nĂ©anmoins trĂšs variable et dĂ©pend des diffĂ©rentes autoritĂ©s, les ailerons de requin tigre Ă©tant considĂ©rĂ©s comme clairs par certains et sombres par d’autres.

Valeur commerciale:

La qualitĂ© et le nombre de cĂ©ratotriches Ă©tant variables selon la nageoire d’un requin, les nĂ©gociants n’accordent pas la mĂȘme valeur Ă  tous les ailerons.

GĂ©nĂ©ralement, plus l’aileron est grand, plus les cĂ©ratotriches sont longues et Ă©paisses. Les ailerons les plus prisĂ©s sont dans l’ordre le lobe infĂ©rieur de la caudale, la premiĂšre dorsale, puis les nageoires pectorales. Sur le marchĂ© asiatique, les ailerons de requins sont commercialisĂ©s sous forme de jeux de nageoires, complets ou assortis.

L’ensemble complet se compose de deux nageoires pectorales, la premiĂšre nageoire dorsale et le lobe infĂ©rieur de la caudale.

Tandis que les petites nageoires, comme la deuxiĂšme nageoire dorsale, les nageoires anales et les pelviennes, ont une faible valeur commerciale.

Elles seront vendues dans les assortiments ou en filet à bas prix. Pauvre ou dépourvu de cératotriches, le lobe supérieur de la nageoire caudale de tous les requins a également trÚs peu de valeur commerciale.

La qualitĂ© du produit tient une grande importance dans la valeur commerciale. Les mĂ©thodes de traitement employĂ©es, sa teneur en humiditĂ©, sa coupe, mais surtout l’Ăąge du requin. Avec le temps, certaines parties de la nageoire perdent leur propriĂ©tĂ© naturelle Ă©lastique et se durcissent. Mais, le vieillissement n’est pas facile Ă  dĂ©tecter lorsque l’aileron est sec, il devient visible seulement aprĂšs rĂ©hydratation.

Ce phĂ©nomĂšne semble plus frĂ©quent chez les espĂšces vivant dans les eaux tropicales oĂč les requins vieillissent plus rapidement. Mais les individus ĂągĂ©s se rarĂ©fiant, ce problĂšme est de moins en moins courant. L’espĂšce dĂ©termine Ă©galement la valeur commerciale. Par exemple, les cĂ©ratotriches d’un aiguillat sont aussi fines qu’un cheveu tandis que celles d’un requin pĂšlerin sont aussi Ă©paisses qu’une baguette chinoise.

L’aspect esthĂ©tique de l’aileron a Ă©galement son importance. Il doit avoir une coupe prĂ©cise sans rĂ©sidus de viande et doit ĂȘtre propre, prĂ©sentant une couleur jaune blanchĂątre. De plus, les cĂ©ratotriches doivent ĂȘtre longues et Ă©paisses et bien soudĂ©es pour garantir un impact visuel fort. Sa texture doit ĂȘtre tendre, ce qui n’est souvent pas le cas pour les grands ailerons.

Le marché:

Depuis deux millénaires, la Chine importe des ailerons du monde entier et constitue le principal marché de ce commerce.

Mais ce dernier a explosĂ© dans les annĂ©es 1980, l’accroissement de la demande a provoquĂ© une augmentation significative des prix mondiaux avec l’ouverture du marchĂ© chinois. Mais cette situation n’est que partiellement sensible dans les statistiques. En cause, les rapports incomplets des pays de leurs Ă©changes commerciaux et de production de ces produits.

Entre 2000 et 2005, le shark finning reprĂ©sente 40 % de la valeur rapportĂ©e des produits de requins, s’Ă©chelonnant entre 237 millions de dollars (156 millions d’euros) en 2002 et 310 millions de dollars (204 millions d’euros) en 2005. Pour cette mĂȘme pĂ©riode, le poids des ailerons de requins ne reprĂ©sente que 7 % du poids des produits commercialisĂ©s.

Les ailerons ont une valeur d’environ 700 dollars le kilogramme. Une portion individuelle de soupe contient environ 30 grammes d’aileron ; son prix varie entre 15 et 150 dollars US, ce qui en fait l’un des produits de la pĂȘche les plus chers au monde.

Le prix varie considĂ©rablement selon le classement de la nageoire, allant de 300 Ă  3 000 dollars pour 600 g Ă  Hong Kong. Il n’est pas rare de voir de petits ailerons plus chers que des grands, mĂȘme si certains grands ailerons peuvent coĂ»ter plusieurs milliers de dollars.

La plupart des études estiment que le nombre de requins tués pour leurs ailerons serait de 38 à 100 millions chaque année dans le monde entier.

Ce nombre est presque trois fois plus Ă©levĂ© que les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)30, qui estime que les importations dĂ©clarĂ©es mondiales de nageoires de requins entre 2004 Ă  2007 ont fluctuĂ© entre 13 800 et 17 126 tonnes, tandis que les exportations dĂ©clarĂ©es mondiales ont fluctuĂ© entre 9 911 et 15 598 tonnes.

L’essentiel des ailerons de requins alimente le marchĂ© asiatique et plus particuliĂšrement le marchĂ© chinois, avec 98 % des importations mondiales en 1997 selon la FAO.

Hong Kong est le premier centre mondial du commerce des ailerons (50 % Ă  80 %), tout le quartier Sai Yun Pun, sur l’Ăźle de Hong Kong, est spĂ©cialisĂ© dans ce commerce. Il importe les captures de plus de 100 pays, avec l’Espagne comme principal fournisseur. C’est aussi la plaque tournante d’Asie, les gros nĂ©gociants se retrouvent lors de grandes ventes aux enchĂšres.

En 1982, Hong Kong a importé 2 200 tonnes de nageoires séchées de requins. En 2006, pas moins de 10 000 tonnes ont été importées, pour une valeur de 276 millions de dollars US.

La Chine a importĂ© plus de 12 000 tonnes d’ailerons en 2009. Lorsque la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce en 2001, les commerçants ont commencĂ© Ă  nĂ©gocier directement avec les marchĂ©s de la Chine continentale, sans passer par l’intermĂ©diaire de Hong Kong.

La partie continentale Ă©tant desservie par plusieurs ports, il est difficile d’avoir les donnĂ©es exactes de l’importation, d’autant plus que la Chine a permis l’assimilation des ailerons de requins congelĂ©s Ă  de la « viande de requin congelĂ© », faussant ainsi les statistiques.

Mais la diminution des populations de requins se fait sentir, obligeant les pĂȘcheurs Ă  pĂȘcher de plus en plus loin. De plus, bon nombre d’ailerons nĂ©gociĂ©s proviennent de requins immatures et sont donc de petite taille, ce qui signifie que les populations ne parviennent pas Ă  se renouveler.

Impacts environnementaux et humains:
La pĂȘche au requin a presque triplĂ© entre 1950 et 2011.

Conséquences environnementales:

Le shark finning est la principale cause du déclin mondial des requins.

Les requins Ă©tant des superprĂ©dateurs, ils ont un long cycle de croissance, une fĂ©conditĂ© limitĂ©e et une maturitĂ© sexuelle tardive, ce qui les rend particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  la surpĂȘche.

De fait, les populations de requins ont diminuĂ© de plus de 90 % dans les zones exploitĂ©es, et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considĂšre qu’un tiers des espĂšces de requins serait menacĂ©es de disparition

. Les requins sont au sommet des rĂ©seaux trophiques marins, ce sont donc des espĂšces clĂ©s qui jouent un rĂŽle important dans la stabilitĂ© de l’écosystĂšme.

Ils régulent de nombreuses populations de poissons et de mammifÚres marins, en éliminant les individus vieux ou malades.

Ils limitent ainsi la propagation des maladies au sein d’une population et permettent ainsi de renforcer le pool gĂ©nĂ©tique des populations.
En contrĂŽlant les populations de poissons et de crustacĂ©s qui se nourrissent de phytoplancton et d’algues, les requins maintiennent la production de dioxygĂšne de l’ocĂ©an.

Les ocĂ©ans produisent 70 % du dioxygĂšne que l’homme respire, si les requins venaient Ă  disparaitre, la chaine alimentaire serait perturbĂ©e au point de modifier les Ă©cosystĂšmes ocĂ©aniques et terrestres.

Qu’elle soit lĂ©gale ou illĂ©gale, le shark finning menace de disparition le tiers des espĂšces de requins qui passent la plupart de leur temps dans les couches supĂ©rieures de l’ocĂ©an.

Le nombre d’espĂšces de requins considĂ©rĂ©es comme menacĂ©es est passĂ© de seulement 15 espĂšces en 1996, Ă  plus de 180 espĂšces en 2010, dont 30 en voie d’extinction.

Conséquences dans les sociétés humaines:

Cette pratique menaçant les populations de requins affecte aussi la pĂȘche car du fait de la fragilisation de l’Ă©cosystĂšme, les eaux s’appauvrissent en ressources halieutiques.

De nombreuses Ă©tudes scientifiques dĂ©montrent que la disparition des requins provoque la disparition de poissons, de mollusques et de crustacĂ©s commercialement importants, mais Ă©galement d’autres prĂ©dateurs comme le thon.

De plus, en raison des profits lucratifs engendrĂ©s, des liens s’Ă©tablissent parfois avec le crime organisĂ©. Par exemple, les polices d’Afrique du Sud et de Hong Kong ont dĂ©montrĂ© que depuis les annĂ©es 1970, les Chinois et TaĂŻwanais qui faisaient transiter les ailerons de requins par l’Afrique du Sud appartenaient Ă  des gangs connus dans leurs pays respectifs et profitaient de l’exportation lĂ©gale des ailerons pour pratiquer une exportation illĂ©gale d’ormeaux. Depuis les annĂ©es 1980, ces gangs ont ajoutĂ© Ă  leur actif un grand nombre d’activitĂ©s illĂ©gales telles que l’importation de contrefaçons et de drogues ou la prostitution, toujours sous le couvert du commerce d’ailerons de requins.

De plus, des gangs armĂ©s de braconniers officient dans plusieurs pays oĂč cette pratique est interdite, notamment au Costa Rica .
.
Comme la plupart des superprĂ©dateurs marins, les requins bioaccumulent dans leur organisme de fortes concentrations de polluants d’origine anthropique, comme les PCB, les mĂ©taux lourds et les pesticides.

Le mercure est présent dans leurs tissus sous sa forme la plus dangereuse, le méthylmercure.

Il peut provoquer la stĂ©rilitĂ© chez l’homme, des maladies du systĂšme nerveux central et des problĂšmes rĂ©naux.

En 2001, une Ă©tude menĂ©e par l’Institut thaĂŻlandais de recherche scientifique et technologique a rĂ©vĂ©lĂ© que 70 % des plats aux ailerons de requin contenaient des niveaux extrĂȘmement Ă©levĂ©s de mercure.

En 2012, une Ă©tude a montrĂ© que de nombreux requins bioaccumulent de forte concentrations de BĂȘta-N-mĂ©thylamino-L-alanine (BMMA), une neurotoxine produite par des cyanobactĂ©ries Ă  partir des rejets industriels dĂ©versĂ©s dans l’ocĂ©an.

À forte dose, elle provoque chez l’homme des maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Charcot.

Les ailerons sont souvent traitĂ©s avec du peroxyde d’hydrogĂšne afin de rendre leur couleur plus attrayante pour les consommateurs, alors que ce puissant biocide est toxique et peut entraĂźner des problĂšmes de santĂ© Ă  forte dose.

fin

Situation internationale:

De nombreux pays développés interdisent le shark finning, cependant, de nombreuses eaux internationales ne sont pas réglementées.

Les autoritĂ©s de pĂȘche internationales envisagent d’interdire la pĂȘche au requin dans l’ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e.

Mais la plupart des espÚces de requins effectuent des migrations traversant les frontiÚres des zones économiques exclusives et les eaux internationales, nécessitant une coopération internationale pour une protection efficace.

De plus, l’application des accords existants exige des fonds considĂ©rables car la protection des aires marines souvent immenses, nĂ©cessitent d’importants moyens humains et matĂ©riels.

En 2005, l’IATTC (Inter-American Tropical Tuna Commission), qui regroupe la Colombie, la France, le Nicaragua, l’Espagne, le Costa Rica, le Guatemala, Panama, les États-Unis, l’Équateur, le Japon, le PĂ©rou, les Vanuatu, le Salvador, le Mexique, la CorĂ©e du Sud et le Venezuela a interdit par rĂ©solution48 la pratique de le shark finning dans l’ocĂ©an Pacifique oriental.

Dans les annĂ©es 2000, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le BrĂ©sil, le Costa Rica, le Canada, la Namibie, l’Équateur, la plupart des États d’Australie, les Palaos, l’Union europĂ©enne, les Seychelles et la PolynĂ©sie française interdisent le dĂ©coupage d’ailerons de requins. Mais ils n’interdisent pas tous le dĂ©barquement d’ailerons dĂ©solidarisĂ©s du corps.
En novembre 2012, obligation est faite aux bateaux naviguant dans les eaux europĂ©ennes ou bateaux europĂ©ens de dĂ©barquer les requins « avec leurs ailerons attachĂ©s » .Cette nouvelle lĂ©gislation prĂ©voit que les navires pĂȘchant dans les eaux de l’UE et les navires de l’UE pĂȘchant dans le monde auront «l’obligation de dĂ©barquer les requins avec les nageoires attachĂ©es au corps». Les pĂȘcheurs avaient jusqu’alors la possibilitĂ© de dĂ©barquer les carcasses et les nageoires dans des ports diffĂ©rents, ce qui rendait les fraudes aisĂ©es. «Les contrĂŽles seront dĂ©sormais facilitĂ©s, et il deviendra plus difficile de dissimuler l’enlĂšvement des nageoires», a spĂ©cifiĂ© Maria Damanaki. L’interdiction vise les flottes espagnoles et portugaises, qui pĂȘchent dans tous les ocĂ©ans, a soulignĂ© la Commission. Les pĂȘcheurs français, allemands et britanniques sont Ă©galement concernĂ©s. Ils bĂ©nĂ©ficiaient d’exemptions pour la capture de requins, Ă  condition de tout garder Ă  bord Ă  des fins de transformation.

Dans tous ces pays, sauf exceptions locales, la vente et la consommation de la soupe aux ailerons de requins reste autorisĂ©e. Les restaurants chinois qui la servent n’affichent pas toujours la provenance des ailerons, entretenant ainsi le commerce illicites .

D’autres, comme les Ăźles Marshall, les Palaos, les Maldives, le Honduras et les Bahamas sont allĂ©s plus loin en formant des sanctuaires de requins, mais ils restent des cas isolĂ©s.

Asie:

L’ExtrĂȘme-Orient est le plus important consommateur de soupe aux ailerons de requin.

Face aux critiques, le gouvernement hongkongais argue de l’expertise de la convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d’extinction (CITES) qui interdit le commerce de seulement trois espĂšces de requins.
De plus, la soupe est rĂ©guliĂšrement servie lors des repas officiels du gouvernement, mais en juillet 2012 le Conseil d’État annonce l’interdiction « d’ici un Ă  trois ans » de ce plat lors de ses rĂ©ceptions. Un dĂ©lai encore trop vague et permissif pour les associations, qui saluent nĂ©anmoins la mesure.

Les négociants hongkongais se sentent visés par un complot anti-chinois mené par des groupes environnementaux américains comme Greenpeace ; ils exigent que leurs traditions culinaires soient respectées.

La mobilisation contre le shark finning passe aussi par des personnalitĂ©s asiatiques, mais elle reste trĂšs marginale. Le cĂ©lĂšbre basketteur Yao Ming a promis d’arrĂȘter de manger la soupe d’ailerons de requin Ă  une confĂ©rence le 2 aoĂ»t 2006. Ses commentaires ont Ă©tĂ© repris dans les mĂ©dias chinois et ont attirĂ© les critiques des associations chinoises de l’industrie de la pĂȘche. Ironiquement, la soupe figurait au menu du mariage de Yao Ming.

En septembre 2011, il lançait une campagne publicitaire avec comme slogan : « Lorsque s’arrĂȘtera la consommation, le meurtre pourra cesser. »

En 2011, pour la premiĂšre fois un homme politique chinois, le dĂ©putĂ© Ding Liguo, propose un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins, malgrĂ© une faible mobilisation.
En mars 2012, il renouvelle son action, appuyĂ© par 30 reprĂ©sentants. Le chef sino-amĂ©ricain Ken Hom affirme que l’Occident ferait mieux de protĂ©ger ses stocks de cabillaud et d’esturgeons (caviar) au lieu de s’indigner du prĂ©lĂšvement des nageoires, mais il critique aussi le gaspillage engendrĂ© par le shark finning.

L’intĂ©rĂȘt croissant de la population pour les questions environnementales, notamment grĂące aux campagnes de sensibilisation, pousse les institutions et entreprises Ă  changer leurs habitudes.

Ainsi, une mobilisation est constatĂ©e dans certaines institutions et des chaĂźnes de restaurants, de magasins et d’hĂŽtels. Par exemple, l’hĂŽtel Peninsula, un des plus prestigieux de Hong Kong, a supprimĂ© la soupe d’ailerons de son menu en 2011, ainsi que dans celui de ses neuf autres hĂŽtels du groupe dans le monde.

Hong Kong Disneyland a abandonnĂ© la soupe aux ailerons de requin dans son menu de mariage, du fait de la pression internationale des ONG, qui ont menacĂ© de boycotter ses parcs dans le monde entier, malgrĂ© la forte demande en Chine. L’UniversitĂ© de Hong Kong a interdit la soupe d’ailerons de requin sur le campus.

Le Japon, avec une capture moyenne annuelle de prĂšs de 25 000 tonnes, pĂȘche le requin pour ses ailerons, mais aussi pour sa viande, car il est interdit de dĂ©barquer des ailerons dĂ©solidarisĂ©s du corps, la coupe devant donc se faire au port.

Mais selon l’ONG Sea Shepherd Conservation Society la loi est facilement contournĂ©e. De plus, les thoniers ne souhaitant pas rentrer bredouilles au port, modifient la profondeur de leurs hameçons et pĂȘchent le requin.

Le 15 septembre 2007, le ministre malaisien du ministĂšre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Azmi Khalid, a fait interdire la soupe d’ailerons de requin, s’engageant ainsi auprĂšs de la Malaysian Nature Society.
Le 20 octobre 2011, TaĂŻwan a promulguĂ© une loi qui oblige les pĂȘcheurs Ă  ramener au port les carcasses complĂštes.Shark-fins1

Océanie:
L’OcĂ©anie, avec ses nombreux rĂ©cifs coralliens, constitue un endroit idĂ©al pour le shark finning. Les exportations et les importations ne sont gĂ©nĂ©ralement pas dĂ©clarĂ©es.

En 1997, seules les Ăźles Salomon, Kiribati, Vanuatu et Fidji ont dĂ©clarĂ© des exportations d’ailerons de requins, et seules l’Australie et les Ăźles Marshall ont signalĂ© des importations.

En 2009, la RĂ©publique des Palaos crĂ©Ă© le premier sanctuaire de requins du monde. Il est illĂ©gal de pĂȘcher les requins dans la zone Ă©conomique exclusive (ZEE) des Palaos, qui couvre une superficie de 600 000 km2, ce qui reprĂ©sente une superficie comparable Ă  la taille de la France.

Le prĂ©sident Johnson Toribiong a Ă©galement appelĂ© Ă  une interdiction mondiale de le shark finning, dĂ©clarant Ă  propos des requins : « Ces crĂ©atures sont abattues et sont peut-ĂȘtre au bord de l’extinction Ă  moins que nous prenions des mesures positives afin de les protĂ©ger ».

En octobre 2011, la RĂ©publique des Ăźles Marshall ouvre le plus grand sanctuaire de requins au monde avec plus de 1 990 530 km2.

En septembre 2011, l’archipel des Tokelau annonce la crĂ©ation d’un sanctuaire de 319 031 km2.

Les grands requins blancs ont reçu une protection complĂšte dans les eaux territoriales de la Nouvelle-ZĂ©lande, mais le shark finning est lĂ©gale sur les autres espĂšces de requins, si le requin est mort. Le ministĂšre des PĂȘches a fixĂ© des quotas de pĂȘche pour cette pratique. La Royal Forest and Bird Protection Society of New Zealand aux cĂŽtĂ©s de plusieurs personnalitĂ©s de la gastronomie ont signĂ© un engagement promettant de ne pas manger, de rĂ©aliser ou de servir de soupe d’ailerons de requin, et Ă  soutenir un changement de la loi pour rendre illĂ©gal le shark finning en Nouvelle-ZĂ©lande.

Afrique:

L’Afrique a un rĂŽle limitĂ© dans le commerce mondial d’ailerons de requins avec seulement 122 tonnes en 1997, et un pic de 360 tonnes en 1991 selon la FAO.

Jusqu’en 1995, le SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© le premier pays producteur, dĂ©passĂ© en 1997 par l’Afrique du Sud avec prĂšs de 80 tonnes.

Cette annĂ©e-lĂ , il a Ă©galement Ă©tĂ© le premier exportateur d’ailerons de requins en Afrique en termes de volume. Des pays comme le Kenya, la Tunisie, l’Afrique du Sud, la Gambie, le SĂ©nĂ©gal, la Tanzanie exportent directement vers le marchĂ© asiatique.

Les ailerons exportĂ©s des pays africains sont considĂ©rĂ©s de faible qualitĂ©. Les pĂȘcheurs coupent mal leurs ailerons et ne les font pas sĂ©cher correctement ; mais c’est un commerce lucratif et facile Ă  exĂ©cuter, car les ailerons ne nĂ©cessitent pas d’installation frigorifique pour leur conservation.

En Afrique de l’Ouest, la pauvretĂ© pousse les pĂȘcheries artisanales Ă  liquider les populations de requins restantes. GĂ©nĂ©ralement, la viande est vendue et consommĂ©e sur place, tandis que les ailerons sont revendus sur le marchĂ© asiatique et aux États-Unis.

Au SĂ©nĂ©gal, un systĂšme de quotas de pĂȘche a Ă©tĂ© mis en place, mais il profite seulement aux plus riches.

En 2007, la South East Atlantic Fisheries Organization (SEAFO), une agence internationale d’Afrique australe qui a pour mandat la protection des ressources halieutiques de la zone sud-africaine, et qui regroupe l’Angola, la Namibie et l’Afrique du Sud, a interdit le shark finning.

Mais le Japon et la Russie, les deux principales nations qui pĂȘchent dans cette zone, ne sont pas membres de cette agence.

Amérique latine:

L’AmĂ©rique latine a un rĂŽle limitĂ© dans le commerce mondial d’ailerons, mĂȘme si peu de pays fournissent de statistiques. La plupart font transiter leur marchandise par les États-Unis, mais elle est considĂ©rĂ©e comme de qualitĂ© moindre, elle est donc rachetĂ©e Ă  bas prix.

En 1997, le total des exportations latino-amĂ©ricaines s’Ă©levait Ă  seulement 18 tonnes. Parmi les exportateurs, on compte l’Uruguay, la Guyana, le Suriname, le Chili, l’Équateur et le PĂ©rou. Au BrĂ©sil, il est illĂ©gal de sĂ©parer les ailerons de la carcasse et la pĂȘche des requins est soumise Ă  des quotas.

En 2010, malgrĂ© ces mesures, un exportateur brĂ©silien de fruits de mer (Siglo do Brasil Comercio) a illĂ©galement tuĂ© prĂšs de 300 000 requins pour l’exportation de leurs ailerons vers le marchĂ© chinois. Cette affaire a mis en lumiĂšre le braconnage intense qui a lieu dans les eaux brĂ©siliennes.

En 1997, l’Uruguay a Ă©tĂ© le principal producteur avec seulement 5 tonnes, mais dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, ce rĂŽle Ă©tait tenu par le BrĂ©sil avec 190 tonnes en 1996 et un pic de 370 tonnes en 1993.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© l’un des principaux exportateurs d’ailerons d’AmĂ©rique latine depuis les annĂ©es 1970, le Mexique a interdit le shark finning dans ses eaux en 2007.

En 2011, le pays souhaite crĂ©er un sanctuaire pour protĂ©ger les requins et les raies d’ici Ă  2012.

En novembre 2011, le Central American Agricultural Council, qui rassemble l’AmĂ©rique centrale et la RĂ©publique dominicaine, a convenu d’interdire le shark finning et le commerce intra-rĂ©gional d’ailerons.

En 2011, le Honduras a interdit la pĂȘche aux requins, crĂ©ant ainsi un sanctuaire de requins d’environ 240 000 km2.

Le 5 juillet 2011, les Bahamas prohibent la pĂȘche aux requins et ouvrent ainsi un sanctuaire de requins de plus de 630 000 km2.

Cela profite Ă  l’activitĂ© touristique du pays, qui engendre chaque annĂ©e 56 millions d’euros grĂące Ă  la plongĂ©e avec les requins.

Amérique du Nord:

Les États-Unis constituent une importante plaque tournante du commerce d’ailerons de requins depuis la fin des annĂ©es 1970.

Parmi ses fournisseurs on compte aussi bien l’Australie et l’Argentine, que Hong Kong et la Gambie. Les États-Unis transforment les ailerons sĂ©chĂ©s importĂ©s des pays AmĂ©rique latine, comme l’Équateur, le Salvador, la TrinitĂ©-et-Tobago, le Guatemala, le Panama et le Nicaragua, qu’ils exportent notamment vers le marchĂ© asiatique.

En 2004, les États-Unis ont exportĂ© leurs ailerons Ă  Hong Kong, en Chine, en ThaĂŻlande, au Canada, au Mexique et Ă  Taipei. Cependant les importantes communautĂ©s asiatiques, notamment celles situĂ©es Ă  San Francisco, Los Angeles et New York, prĂ©fĂšrent donc importer leur ailerons directement d’Asie, notamment de Hong Kong, de l’Inde et de la Chine .

Mais en 2000, les États-Unis ont lĂ©gifĂ©rĂ© pour interdire cette pratique dans les eaux amĂ©ricaines.

C’est Bill Clinton qui interdit le shark finning avec la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine des navires immatriculĂ©s, mais pas des navires immatriculĂ©s Ă  l’Ă©tranger.

Les ailerons de requins dĂ©tachĂ©s du reste du corps ne peuvent pas ĂȘtre importĂ©s aux États-Unis.

En 1991, le pourcentage de requins tuĂ©s par la pĂȘche Ă  la palangre amĂ©ricaine dans l’ocĂ©an Pacifique pour le shark finning est d’environ 3 %.

En 1998, ce pourcentage passe Ă  60 %. En 2011, les États-Unis reprĂ©sentent 70 % des importations d’ailerons de requin en dehors de l’Asie, 85 % de ces ailerons sont ensuite rĂ©exportĂ©s Ă  travers le monde.

En 2010, HawaĂŻ devient le premier Ă©tat Ă  interdire la possession, la vente et la distribution d’ailerons de requins.

En 2011, des lois semblables sont adoptĂ©es dans les États de Washington, de Californie, de l’Oregon et les Ăźles Mariannes.

En janvier 2011, le président Barack Obama signe le Shark Conservation Act afin de combler les lacunes du Shark Finning Prohibition Act de 2000.

Plus prĂ©cisĂ©ment, la nouvelle loi interdit toute embarcation d’avoir les ailerons de requins sans le numĂ©ro correspondant et le poids des carcasses, et tous les requins doivent toujours ĂȘtre apportĂ©s au port avec leurs nageoires attachĂ©es.

En 2011, les ailerons de requin et la soupe sont interdits ou progressivement interdits dans quelques villes du Canada. Notamment dans le sud de l’Ontario, Ă  Toronto, Oakville, Mississauga et Brantfort.

L’interdiction est seulement significative Ă  Toronto et Ă  Mississauga, oĂč de nombreux restaurants chinois servent la soupe. Jusqu’ici, Markham et Richmond Hill ont choisi de considĂ©rer la motion comme une question de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale.

Les restaurants chinois et les entreprises qui vendent des ailerons de requins s’opposent Ă  l’interdiction et affirment qu’ils dĂ©fieront les rĂšglements devant les tribunaux une fois que des amendes seront imposĂ©es.Shark-Finning

Europe:

Les pays europĂ©ens ne font pas Ă©tat du commerce des ailerons de requins, car ce produit ne figure pas dans les statistiques d’Eurostat, ni dans la plupart des statistiques nationales.

Cependant, les statistiques des pays asiatiques comme Hong Kong, Singapour et la ThaĂŻlande montrent des importations de plusieurs pays europĂ©ens, dont notamment l’Espagne mais aussi le Portugal, la Pologne, la France, l’Allemagne, l’Islande, la NorvĂšge et Royaume-Uni.

Ainsi, l’Europe reprĂ©sente 15 % des importations d’ailerons de l’Asie.

Les exportations sont principalement les ailerons de requin bleu, d’aiguillat, de requin-taupe bleu et de requin renard. Mais l’Europe importe aussi des ailerons, gĂ©nĂ©ralement sous forme sĂ©chĂ©e ou en boite de conserve, ils sont importĂ©s de pays asiatiques comme Hong Kong, Singapour, la ThaĂŻlande et des pays africains comme la Tanzanie.

Ces produits sont consommĂ©s par les communautĂ©s chinoises dans les principales villes europĂ©ennes oĂč ils sont vendus dans les restaurants et les magasins asiatiques. La France est le principal importateur europĂ©en d’ailerons de requins.
L’Union europĂ©enne interdit le shark finning en 2003. Toutefois, des dĂ©rogations sont accordĂ©es aux pĂȘcheurs. Si la France n’en a pas demandĂ©, l’Espagne en a obtenu pour prĂšs de 200 bateaux, devenant l’un des plus importants fournisseurs au monde d’ailerons de requins.

De plus, les pĂȘcheurs autorisĂ©s sont Ă©galement en mesure de dĂ©barquer les nageoires et les carcasses de requin dans des ports diffĂ©rents, ce qui entrave d’autant plus les contrĂŽles et l’application de la lĂ©gislation.

En 2011, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont arrĂȘtĂ© de dĂ©livrer ces permis. L’Espagne et le Portugal en accordent Ă  la plupart de leurs pĂȘcheurs de requins. Chypre en a Ă©galement dĂ©livrĂ© un. L’interdiction de le shark finning pour les bateaux de l’Union europĂ©enne reste laxiste et est aisĂ©ment contournĂ©e.

Le 21 novembre 2011, la Commission europĂ©enne demande « l’obligation de dĂ©barquer les requins avec les nageoires attachĂ©es au corps » pour les navires europĂ©ens et ceux pĂȘchant dans les eaux territoriales europĂ©ennes. Faute de place dans les congĂ©lateurs des navires, cette proposition rendra cette pĂȘche moins rentable et donc moins rĂ©pandue10.

Le 22 novembre 2012, le shark finning est définitivement interdit dans les eaux européennes suite au vote du Parlement européen. Les dérogations ne seront plus accordées afin de prévenir les fraudes.

La nouvelle lĂ©gislation, votĂ©e Ă  une majoritĂ© Ă©crasante (566 voix pour et 47 voix contre), devrait entrer en vigueur au dĂ©but de l’annĂ©e 2013.

En 2006, la PolynĂ©sie française interdit la pĂȘche des requins, Ă  l’exclusion du requin mako qui est employĂ© en cuisine, cette dĂ©cision est motivĂ©e pour maintenir l’Ă©cosystĂšme mais Ă©galement compte tenu de l’intĂ©rĂȘt que les touristes manifestent pour les requins.

En mars 2013, les requins marteaux, requins taupes communs et requins océaniques sont inscrits en Appendice II de la Cites , avec les raies Mantas.

Organisations non gouvernementales:

En 2010, l’Organisation non gouvernementale Shark Alliance rassemblait 85 ONG de plus de 35 pays diffĂ©rents.

Les associations de protection des animaux s’opposent vigoureusement Ă  le shark finning sur le plan moral et parce qu’elle est la principale cause du dĂ©clin mondial des populations de requins.

Sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) datant de 2007, 48 espĂšces d’Ă©lasmobranches (requins et raies) sont inscrites sur la liste des espĂšces menacĂ©es (en danger critique d’extinction, en danger ou vulnĂ©rable).

En 2009, 26 nouvelles espĂšces viennent s’y ajouter.
Il existe des centaines d’ONG de protections des requins Ă  travers le monde, elles sont presque toutes rassemblĂ©es sous la coalition internationale Shark Alliance.

À Hong Kong, de nombreuses organisations luttent contre le shark finning, parmi elles la plus active est l’ONG TRAFFIC.

Les grandes ONG de protection de l’environnement comme PEW, Greenpeace et le WWF militent Ă©galement, mais dans une mesure moindre.
Ces associations critiquent le laxisme des états en matiÚre de législation et de moyens alloués à la conservation des requins.

Elles dĂ©noncent le lobbying de la pĂȘche commerciale qui paralyse ou ralentit les efforts de protection d’espĂšces menacĂ©es et de baisse des quotas. Notamment lors des confĂ©rences de la Convention sur le commerce international des espĂšces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d’extinction, les lobbies empĂȘchent l’ajout d’espĂšces Ă  l’annexe I et l’annexe II par l’achat des votes de certains pays.

Les associations constatent Ă©galement l’incapacitĂ© de nombreux gouvernement Ă  appliquer correctement leur lĂ©gislation. Le problĂšme est surtout d’ordre budgĂ©taire, mais il est aussi liĂ© Ă  la corruption.

Elles encouragent les Ă©tats Ă  considĂ©rer l’importance qu’ont les requins dans leur Ă©conomie, Ă  travers le tourisme et la santĂ© des rĂ©cifs, donc des pĂȘcheries.522711_10151492961230115_966179277_n

Imitations:

Comme tout produit de luxe, on trouve sur le marchĂ© des imitations aux ailerons de requins. Elles reproduisent Ă  partir de matiĂšre animale et vĂ©gĂ©tale l’apparence et mĂȘme la texture des vrais ailerons pour un coĂ»t moindre, soit en moyenne 10 $ le kg.

Ces imitations ont vu le jour dans les annĂ©es 1960, car la classe ouvriĂšre ne pouvait pas s’offrir de soupe d’ailerons de requin. Certains restaurateurs utilisant ces imitations profitent de l’ignorance du consommateur, ils n’hĂ©sitent pas Ă  les mĂ©langer avec de vrais ailerons dans un rapport de 30 % de vrais et 70 % de faux.

Cette supercherie est surtout utilisĂ©e pendant les repas de noce chinois, permettant ainsi d’amortir le budget tout en respectant la tradition. Les ailerons artificiels restent diffĂ©rentiables pour un averti, ils sont moins Ă©lastiques et rĂ©sistent moins Ă  la chaleur.

Pour le non-averti, la diffĂ©renciation est plus difficile, surtout que l’expĂ©rience de la plupart des convives de cette soupe est gĂ©nĂ©ralement plutĂŽt limitĂ©e.

Si l’on trouve ces substituts aussi bien dans des fast-foods que dans des magasins spĂ©cialisĂ©s, et que les commerçants de Hong Kong les estiment aussi bons que les ailerons, ils restent peu utilisĂ©s.

Les dĂ©nonciateurs de cette pratique avancent aussi que les vĂ©gĂ©tariens chinois aiment les imitations des produits carnĂ©s, comme la viande de porc ou de canard, or l’aileron de requin vĂ©gĂ©tarien est gĂ©nĂ©ralement fabriquĂ© Ă  partir de l’extrait de haricot mungo qui est une lĂ©gumineuse tropicale Ă  bas coĂ»t.

Cette imitation est particuliĂšrement populaire Ă  TaĂŻwan. On utilise Ă©galement des champignons, des vermicelles, tout ce qui imite la texture de l’aileron.

L’imitation d’origine animale est quant Ă  elle fabriquĂ©e avec un mĂ©lange de gĂ©latine et de gomme coagulĂ©es dans une solution de sels mĂ©talliques. Ainsi, cette imitation a un aspect transparent homogĂšne contrairement aux vrais ailerons qui ont plutĂŽt une structure fibreuse.

Elles sont insolubles dans l’eau comme les vrais, mĂȘme montĂ©e Ă  Ă©bullition. Dans de l’hydroxyde de potassium, les vĂ©ritables ailerons se dĂ©sintĂšgrent en trois heures, tandis que les faux ne sont presque pas dĂ©gradĂ©s au bout de 30 jours.

Pour atténuer la différence, une imitation à base de gélatine dérivée de poisson a aussi fait son apparition sur le marché.

Identification des nageoires:

Avec l’augmentation de la pĂȘche illĂ©gale, les autoritĂ©s des pays ayant interdits le shark finning ou la pĂȘche d’espĂšces protĂ©gĂ©es, doivent dĂ©velopper un protocole de protection et de sanction efficace.

Pour ce faire, ils doivent identifier les espĂšces auxquelles appartiennent les nageoires. Certains chercheurs mettent au point des guides d’identification des ailerons isolĂ©s en se fondant sur leur morphologie, leur coloration et les caractĂ©ristiques de leur revĂȘtement cutanĂ©. Mais parfois, l’apparence ne suffit pas pour dĂ©terminer l’espĂšce avec prĂ©cision. Ainsi, les tests ADN sont Ă©galement utilisĂ©s pour identifier les requins. Des bases de donnĂ©es d’empreintes gĂ©nĂ©tiques voient le jour, comme celle du Department of Fisheries and Chemistry Center, en Australie-Occidentale, qui comptabilise neuf espĂšces de requins protĂ©gĂ©s. En 2006, Des chercheurs de la Nova Southeastern University de Floride ont aidĂ© les pĂȘcheries fĂ©dĂ©rales Ă  identifier la provenance d’une cargaison d’une tonne d’ailerons de requins. Initialement Ă©tiquetĂ©s comme des ailerons de requin-taupe d’Espagne, les ailerons appartenaient en rĂ©alitĂ© Ă  des requins blancs, une espĂšce protĂ©gĂ©e. Pour compliquer l’identification, les nĂ©gociants n’hĂ©sitent pas Ă  blanchir les ailerons au chlore.

Dans les médias :

Le cinĂ©ma s’est emparĂ© du sujet afin de montrer en dĂ©tail au grand public les tenants et aboutissants de cette pĂȘche. Le film documentaire de Rob Stewart, Les Seigneurs de la mer, sorti en 2006, dĂ©crit et illustre prĂ©cisĂ©ment les Ă©tapes de le shark finning et ses consĂ©quences. Le film documentaire OcĂ©ans, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sorti en 2010, montre une reconstitution de pĂȘche aux ailerons. La pratique est Ă©galement dĂ©noncĂ©e dans les documentaires animaliers. En mars 2011, la branche Special English de Voice of America du gouvernement amĂ©ricain diffuse un document de quinze minutes sur le shark finning.

SMF

source wikipédia

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