A la rencontre des seigneurs des mers

Publié le 28 Mar, 2019

Entre la crainte qu’ils inspirent parfois et la fascination qu’ils exercent, qui sont vraiment les requins ? Présents sur terre depuis plus de 400 millions d’années, survivants de plusieurs extinctions de masse, cette dénomination regroupe en fait quelques 500 espèces.

Poissons cartilagineux exceptionnels (Chondrichthyens, tout comme les raies et les chimères), ils présentent des particularités qui lui sont propres. Détenteur d’une place clef dans le bon équilibre de l’écosystème, il est essentiel. Rencontre avec le seigneur des mers

.

Requins : étonnants poissons, super-prédateurs dotés d’outils sensoriels incroyables

La notion de sens, quand elle concerne les requins, diffère quelque peu de la nôtre. En effet, s’ils disposent de nos 5 sens communs, ils sont également dotés d’un outil encore plus puissant : les ampoules de Lorenzini. Des capteurs électro-réceptifs qui permettent à l’animal de déceler de faibles champs électriques. Un découverte datée de 1678, et réalisée par l’italien Stefano Lorenzini lors d’une étude menée sur des raies électriques. Visibles sous forme de petits points sombres, majoritairement concentrés autour des yeux et du museau, elles se démarquent aisément de la couleur de la peau. Battements cardiaques, contractions musculaires entre autres,  sont alors détectables. Une grande aide dont disposent les prédateurs pour repérer les proies enfouies sous le sable, ou pour la chasse nocturne. Autre capacité exceptionnelle, les ampoules de Lorenzini servent de boussole et aident le requin à s’orienter grâce à la détection des champs magnétiques. Cette fois-ci non pas ceux d’autres espèces, mais terrestres, notamment dus aux différents courants. Celles-ci ont une sensibilité telle, qu’elles peuvent même percevoir une variation, ne serait-ce qu’infime, de température.

De grandes aptitudes

Parmi les nombreuses particularités des requins, on compte ses écailles. Comme pour les raies (également des Elasmobranchii, sous-classe de Chondrichtyes évoqués plus tôt), les écailles des requins sont placoïdes. Ces denticules, dits cutanés, couvrent leur peau et lui donne un aspect rugueux. Une structure particulière qui favorise leur hydrodyamisme. Fort de cette aide naturelle, le requin mako (nom scientifique : Isurus oxyrinchus) par exemple, arriverait à des pointes de vitesse de 110 km/h ( pour 50km/h de vitesse moyenne).

Autre faculté ayant permis aux requins de traverser les différentes ères : leur adaptation à la température de l’eau. Bien que ceci ne concerne seulement très peu d’espèces qui ont le sang chaud. Cette fois-ci, nous prendrons pour exemple le grand requin blanc (Carcharodon carcharias). Ce dernier supporte des variations de températures importantes au cours de ses déplacements et peut réguler la température de son corps de 4 à 14°C plus élevée que celle de l’eau. Un moyen de rester actif de façon continuelle.

Les particularités de la gestation

Les requins ont une maturité sexuelle atteinte tardivement. Il faut en effet compter plusieurs années, entre deux et une vingtaine pour certaines espèces, environ 7 ans pour le requin zèbre (Stegostoma fasciatum) et jusqu’à 150 ans pour le requin du Groenland (Somniosus microcephalus), qui a une espérance de vie qui approcherait les 400 ans. Une caractéristique qui les rend beaucoup plus vulnérables à la surexploitation.

En effet, l’une des conséquences de la surpêche est l’empêchement, pour les requins, d’arriver à l’âge de cette maturité sexuelle nécessaire ou à l’aboutissement d’une gestation, également longue. Il faut compter de 9 à 12 mois, et jusqu’à 22 mois pour l’aiguillat commun (Squalus acanthias). Les requins présentent trois méthodes de reproduction : ovipare, vivipare placentaire et vivipare aplacentaire.

Pour citer quelques exemples, la petite roussette (Scyliorhinus canicula) est ovipare. Autrement dit, il pond des oeufs contenant des embryons nourris par leur sac vitellin. Ceux-ci durcissent ensuite au contact de l’eau de mer. Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), lui, est vivipare placentaire (comme les humains). Ses embryons se développent grâce au placenta de la mère, auquel ils sont reliés.

La place essentielle des requins

Pour ce qui est des requins taureaux (Carcharias taurus), ils sont vivipare aplacentaire.Autrement dit, les oeufs (puis embryons), se développent à l’intérieur des voies génitales nourris par leur sac vitellin. Il n’y a donc pas de placenta.

Chez le requin taureau les petits les plus vigoureux mangent les autres embryons, moins vifs : un phénomène appelé cannibalisme intra-utérin ou adelphophagie. Une sorte de pré-sélection naturelle. Chez le requin taureau et d’autres espèces, on observe aussi l’oophagie : les embryons dans l’utérus se nourrissent aussi des oeufs non fertilisés produits en surnombre par la mère.

Maillons essentiels de la chaîne alimentaire, les requins occupent une place indispensable. Premièrement, ils sont de réels régulateurs. Leur déclin entraînerait un déséquilibre désastreux de l’écosystème marin. Ils permettent en effet un équilibre du réseau trophique (ensemble des chaines alimentaires d’un écosystème). Ils gardent, en fait, les autres espèces sous contrôle. Leur disparition entraînerait une réaction en chaîne aux conséquences dramatiques.

Super-prédateurs, ils se nourrissent de prédateurs (thons, marlins…), qui eux-même se nourrissent de petits poissons. Ces derniers se nourrissent, eux, de plancton et de végétation aquatique. Un maillon manquant perturberait complètement cet équilibre et contribuerait à la fois à une prolifération, mais aussi à la disparitions d’autres espèces. La prédation des requins a également obligé ses proies à développer différentes stratégies de défense, ce qui a, par conséquent, joué un rôle dans  la diversité biologique. Les requins occupent également un rôle sanitaire important.

Bien que prédateurs, les requins se nourrissent, en premier choix, d’animaux faibles, blessés ou malades, identifiables grâce à leur sens évoqué plus tôt. Aussi, même si aucune espèce de requin ne se base uniquement sur cette pratique, elle reste pour un bon nombre une vraie aubaine. Le résultat est doublement avantageux : un apport d’énergie majeur, contre des dépenses minimes. Il en va de même pour les cadavres de différents animaux marins, ainsi nettoyés.

MH.


 

Sharks: incredible fish, super-predators

Between the fear they sometimes inspire and the fascination they exert, who really are the sharks? Present on earth for more than 400 million years, survivors of several mass extinctions, this denomination gathers in fact some 500 species. Exceptional cartilaginous fish (Chondrichthyans, as well as rays and chimeras), they have their own peculiarities. Holder of a key place in the good balance of the ecosystem, it is essential. Now, meet the lord of the seas.

An incredible sensory tool

The notion of meaning, when it concerns sharks, differs somewhat from ours. Indeed, if they have our five common senses, they are also equipped with an even more powerful tool: the ampullae of Lorenzini. Electro-receptive sensors that allow the animal to detect weak electric fields. A discovery dated 1678, and realized by the Italian Stefano Lorenzini during a study conducted on electric stripes. Visible in the form of small dark dots, mostly concentrated around the eyes and muzzle, they are easily distinguishable from the color of the skin. Heartbeats, muscle contractions and more, are then detectable. A great help for predators to spot prey buried under the sand, or for night hunting. Another exceptional capacity, the ampullae of Lorenzini serve as a compass and help the shark to orient itself through the detection of magnetic fields. In addition to that, they can also, through different currents, detect the terrestrial magnetic field. The ampullae are so sensitive that they can even perceive a variation, if only slightly, of temperature.

Great skills

Among the many special features of sharks are its scales. As for rays (also Elasmobranchii, subclass of Chondrichtyes mentioned earlier), shark scales are placoid. These denticles, called cutaneous, cover their skin and give it a rough appearance. A special structure that promotes their hydrodynamics. With this natural aid, the mako shark (scientific name: Isurus oxyrinchus) for example, would arrive at peak speeds of 110 km / h (for 50km/h average speed).

Another faculty that allowed sharks to cross the various eras: their adaptation to the temperature of the water. Although this only concerns very few species that have warm blood. This time, we will take as an example the great white shark (Carcharodon carcharias). They can withstand significant temperature variations during their travels and regulate their body temperature by 4 (39.2°F) to 14°C (57.2°F) higher than that of water. A way to stay active on a continual basis.

The peculiarities of pregnancy

Sharks have a late sexual maturity. It takes several years, between two and twenty for some species, about 7 years for the zebra shark (Stegostoma fasciatum) and up to 150 years for the Greenland shark (Somniosus microcephalus), which has a life expectancy who would approach 400 years old. A feature that makes them much more vulnerable to overexploitation. Indeed, one of the consequences of overfishing is the impediment for sharks to reach the age of this necessary sexual maturity or the end of a gestation, that is also long. It takes 9 to 12 months, and up to 22 months for spiny dogfish (Squalus acanthias). Sharks present three reproductive methods: oviparous, viviparous placental and viviparous placental. To give a few examples, the little dogfish (Scyliorhinus canicula) is oviparous. In other words, it lays eggs containing embryos fed by their yolk sac. These then harden on contact with seawater. The great hammerhead shark (Sphyrna mokarran) is a viviparous placental (like humans). Its embryos develop thanks to the placenta of the mother, to which they are connected. As for bull sharks (Carcharias taurus), they are viviparous aplacental. In other words, the eggs (then embryos), develop inside the genital tract fed by their yolk sac. So there is no placenta. In the bull shark, the most vigorous cubs eat the other, less vivid embryos: a phenomenon called intrauterine cannibalism or adelphophagy. A kind of natural pre-selection. In bull sharks and other species, oophagy is also observed: embryos in the uterus also feed on unfertilized eggs produced in excess by the mother.

The essential place of sharks

Essential links in the food chain, sharks occupy an indispensable place. First, they are real regulators. Their decline would lead to a disastrous imbalance in the marine ecosystem. They allow a balance of the food web (all the food chains of an ecosystem). They keep, in fact, the other species under control. Their disappearance would lead to a chain reaction with dramatic consequences. Super-predators, they feed on predators (tunas, marlins …), which themselves feed on small fish. The latter feed on plankton and aquatic vegetation. A missing link would completely disrupt this balance and contribute to both proliferation and the disappearance of other species. Predation of sharks has also forced its prey to develop different defense strategies, which has therefore played a role in biodiversity. Sharks also play an important health role. Although predators, sharks feed first and foremost on weak, wounded or sick animals that are identifiable by their earlier meaning. Also, even if no species of shark is based solely on this practice, it remains for many a real godsend. The result is doubly advantageous: a major energy contribution, against minimal expenses. The same goes for the corpses of various marine animals, thus cleaned.

MH.

Ces articles vous intéresserons aussi

Les autres articles

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.