signataires mako

Action commune de plusieurs ONG Européennes dont Sharks Mission France fait partie pour la protection urgente des requins Mako en Atlantique Nord

Nous vous partageons en traduction en langue française, la lettre adressée par une coalition d’associations Européennes dont Sharks Mission France fait partie, pour demander l’interdiction de la pêche du requin Mako, espèce en voie d’extinction dans l’Atlantique Nord .

Lettre adressée à Monsieur Virginijus Sinkevičius, Commissaire Européen de l’Environnement, des Océans et de la Pêche .

« À l’attention de M. Virginijus Sinkevičius,
Commissaire Européen chargé de l’environnement, des océans et de la pêche
cc : M. Marius Vaščega, Chef de cabinet Sinkevičius
cc : M. Daniel Calleja Crespo, directeur général de l’environnement
cc : Mme Charlina Vitcheva, directeur général des affaires maritimes et de la pêche
cc : Mme Veronika Veits, directrice de la gouvernance internationale des océans et de la pêche durable
cc : M. Anders Jessen, chef des organisations régionales de gestion des pêches

4 septembre 2020

Sujet : Prises accessoires de requins Mako ,espèce protégée – Nécessité urgente d’agir

Monsieur le Commissaire Sinkevičius,
Il est clair que les impacts de la COVID-19 ont présenté des défis aux organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) pour la conduite des réunions et le traitement des questions importantes de conservation et de gestion en 2020. Dans le cas de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA), elle a conduit à l’annulation des réunions annuelles de sa commission et de ses scientifiques (SCRS).

Nous, soussignés, ne pensons pas que les circonstances actuelles devraient empêcher la CICTA de prendre des mesures pour assurer une gestion durable et ininterrompue des stocks de thon et des écosystèmes marins qui relèvent de sa compétence. En particulier, le requin Mako ( Isurus oxyrinchus) requiert une attention immédiate de la part de la CICTA en 2020, comme nous avons pu le voir confirmer par le président de la Commission, M. Raul Delgado, dans sa circulaire du 26 juin 2020.

En 2019, le consensus unanime du comité scientifique de la CICTA était que la mortalité par pêche était largement supérieure à la FMSY (rendement maximal durable), avec une probabilité combinée de 90 % indiquant que le requin-taupe bleu fait l’objet d’une surpêche dans l’Atlantique Nord. Le comité a donc recommandé à la Commission d’adopter une politique de non-rétention sans exception.

Nous demandons instamment à l’Union européenne, en tant que partie contractante de la CICTA, de s’engager avec la Commission de la CICTA et les autres CPC à tenir compte des avertissements des scientifiques concernant l’épuisement de la population de requin mako de l’Atlantique Nord et le risque imminent pour la population de requin mako de l’Atlantique Sud, en renforçant la protection.

Plus précisément, nous demandons instamment l’adoption d’une nouvelle recommandation pour le requin-taupe bleu qui :
o interdit immédiatement (en 2020) toute rétention de requin-taupe bleu
o et veille à ce que des avis scientifiques spécifiques visant à réduire au minimum la mortalité accidentelle (prise accessoire) soient élaborés et mis en œuvre en 2021.

Lors de la réunion de la Commission de novembre 2019, le Sénégal et le Canada ont demandé l’adoption internationale d’avis scientifiques pour le mako et la mise en œuvre d’un total admissible des captures (TAC) de zéro. Cette proposition a été soutenue par la Gambie, le Gabon, le Panama, le Liberia, le Guatemala, l’Angola, le Salvador, l’Égypte, la Norvège, la Guinée-Bissau, l’Uruguay, le Japon, la Chine et Taïwan, mais aucune décision n’a pu être prise en raison des propositions concurrentes des États-Unis et de l’Union européenne. La décision a donc été reportée à 2020 malgré l’urgence de la situation.

Pourquoi avons-nous besoin d’une interdiction de pêche immédiate pour le requin mako ? (Isurus oxyrinchus)

– Le requin-taupe bleu est classé « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
– Les requins mako sont pêchés pour la nourriture, leurs ailerons et le sport, sans qu’aucune limite de capture internationale ne soit en place.
– Dans l’Atlantique Nord, cette situation a entraîné une urgence de conservation – le comité scientifique de la CICTA a noté que cela pourrait prendre environ 25 ans pour que les stocks se reconstituent, même si les taux de mortalité par pêche étaient réduits à zéro.
– Dans l’Atlantique Sud, la situation peut sembler moins grave, mais elle sera bientôt identique à celle de l’Atlantique Nord si les prises sont autorisés à perdurer .
– Reconnaissant la nécessité d’agir, la 18e Conférence des parties à la CITES (CITES CoP18, août 2019)a ajouté le requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus)et le petit requin taupe (Isurus paucus) à l’annexe II de la convention ; ce qui signifie que tout le commerce international de l’espèce doit désormais être réglementé pour ne pas nuire à la survie de l’espèce dans son environnement.

Pourquoi est-ce extrêmement urgent maintenant ?

– Les requins mako de l’Atlantique Nord sont en état d’urgence, tandis que ceux de l’Atlantique Sud suivent une trajectoire similaire
– Il est grand temps d’agir, car les scientifiques ont émis leurs premiers avis pour résoudre ce problème en 2017 et la CICTA n’a toujours pas agi.
– Les requins mako ont une croissance lente, de sorte que la reconstitution de leurs populations prendra des décennies.
– Les avis scientifiques montrent que nous pouvons encore changer le sort du requin mako, mais tout retard supplémentaire risquerait de produire l’effondrement des stocks.
– La poursuite des prélèvements en haute mer et du commerce international sans justification scientifique serait en violation des obligations de la CITES. Étant donné que le propre comité scientifique de la CICTA a recommandé la mise en place d’une mesure de non-rétention depuis 2017, il semble peu probable qu’une telle justification scientifique soit possible.
– 16 délégations soutiennent déjà cette demande ; il est impératif que la CICTA agisse maintenant.

Mesures supplémentaires nécessitant des décisions de la CICTA cette année:

En outre, nous demandons instamment à l’Union européenne de veiller à ce que les mesures à court terme visant à suspendre certaines exigences en matière de couverture des observateurs soient rétablies dès que possible.

En outre, nous pensons que les circonstances actuelles renforcent la nécessité d’accélérer le développement et la mise en œuvre d’outils de surveillance électronique et de stratégies visant à renforcer la surveillance de la pêche au thon.

Plus précisément, la Commission devrait veiller à ce que le SCRS accorde la priorité à l’élaboration en 2021 de normes de surveillance électronique, ainsi qu’à un plan de travail et à un calendrier pour la mise en œuvre d’un programme complet de surveillance électronique.
Alors que les effets de la Covid-19 ont empêché la tenue de la 22e session de la CICTA, la surpêche des thonidés et des requins se poursuit dans la zone couverte par la Convention. Il reste donc urgent que les délégations se réunissent et réalisent ensemble les objectifs de la Convention. Nous demandons qu’une réunion de la Commission soit reprogrammée pour le début de 2021.

En tant qu’organisations engagées au niveau mondial dans la conservation du milieu marin, nous vous demandons instamment de veiller à ce que l’Union européenne soutienne pleinement le traitement de ces questions en 2020 et que les positions de l’Union européenne soient sans ambiguïté à cet égard. Nous comptons sur votre soutien, merci. »

Les signataires:

Sharkproject International
Alex Smolinsky, President

Slow Food Deutschland
Dr. Nina Wolff, Executive Board

All for Blue
Katerina Topouzoglou, Founder

Aktionsgemeinschaft Artenschutz (AGA) e.V
Birgit Braun, Executive Board Member

Blue Marine Foundation
Jess Rattle, Head of Communication

Blue Shark Conservation
Katrien Vandevelde & Jan Wouters, Founders

Born Free Foundation
Dr. Mark Jones, Head of Policy

DEEPWAVE e.V.
Heye Groß, 1. Chairman

Deutsche Elasmobranchier-Gesellschaft (D.E.G.) e.V.
Dr. Simon Weigmann, Chair

Deutsche Stiftung Meeresschutz (DSM)
Ulrich Karlowski, Board Member

Deutsche Umwelthilfe e.V.
Dr. Katharina Fietz, Project Manager Marine Conservation

Dutch Shark Society
Georgina Wiersma, Director

Environmental Investigation Agency
Tom Gammage, Ocean Campaigner

Fair Fish International Association
Billo Heinzpeter Studer, President

Forum Umwelt und Entwicklung
Jürgen Maier, CEO

Gallifrey Foundation
Antoinette Vermilye, Co-founder

Gesellschaft zur Rettung der Delphine (GRD) e.V.
Verena Platt-Till, Scientific Director

The Global Shark Conservation Initiative
Veerle Roelandt, President

Humane Society International/Europe
Dr Jo Swabe, Senior Director of Public Affairs

International Pole & Line Foundation
Yaiza Dronkers Londoño, Atlantic Region Manager

Mundus maris asbl
Dr. Cornelia E. Nauen, President

Nakawe Project
Regina Domingo, Founder & Project Manager

Sharks Educational Institute
Fernando Reis, Executive Director

Sharks Mission France
Fabienne Rossier, President

Pro Wildlife e.V.
Dr. Sandra Altherr, Co-Founder

Sea Shepherd Legal
Brett Sommermeyer, Legal Director

Sea Shepherd Global
Captain Alex Cornelissen, CEO

Stop Finning Deutschland e.V.
Oliver Feist, Founder & President

Verband Deutscher Sporttaucher (VDST)
Dr. Ralf P. Sonntag, Director Biodiversity

Whale and Dolphin Conservation (WDC)
Astrid Fuchs, Policy manager – Lead

WildAid
Alex Hofford, Marine Wildlife Campaigner

World Future Council
Dr. Ralf P. Sonntag, Senior Advisor Marine Conservation »

Nb traduction SMF